Pour la gestion de votre portefeuille d’actifs, composé notamment d’instruments financiers, il est recommandé de vérifier l’adéquation du portefeuille avec votre profil de risque et votre situation patrimoniale. Après contrôle, votre conseiller patrimonial (sous le statut de conseiller en investissements financiers), vous fournira une recommandation personnalisée dans un rapport écrit, pour votre allocation d’actifs actuelle et/ou vos investissements futurs. Lorsque la recommandation portera sur des OPCVM (Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières), votre conseiller devra remettre un document d’information standardisé, le DICI (Document d’Informations Clés pour l’Investisseur), et il pourra s’appuyer sur ce document comme point de départ à sa recommandation. L’objet de cet article sera de donner des éléments de compréhension pour la lecture du DICI.

DICI : un document obligatoire pour les OPC

Aux termes de la Directive 2009/65/CE du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 portant coordination des dispositions législatives, réglementaires et administratives concernant certains organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) (voir les articles 78 à 82), le DICI est un document obligatoire pour un certain nombre d’OPC, à compter du 1er juillet 2011, du 1er juiller 2012 ou du 1er juillet 2013, selon la date de création et la nature de l’OPC. Pour la France, ces OPC sont les suivants :

  • les OPCVM coordonnés français et les OPCVM coordonnés étrangers commercialisés en France
  • les OPCVM non coordonnés
  • les OPCVM d’épargne salariale
  • les FCPR, FCPI et FIP agréés
  • les OPCI

DICI : les 6 éléments d’information relatifs à un OPC en France

1 – L’identification de l’OPC

Il s’agit de connaître la dénomination de l’OPC, le code ISIN et la société de gestion gérant le fonds.

2 – Une brève description de ses objectifs de placement et de sa politique de placement

Deux paragraphes sont en principe présentés :

  • Une description des objectifs et de la politique d’investissement de l’OPC en langage intelligible, clair et simple. Il s’agit d’identifier rapidement l’objectif de performance et de gestion que la société de gestion a fixé pour ce fonds.
  • Les caractéristiques essentielles de l’OPC et les informations pertinentes qu’un investisseur doit savoir. Il s’agit de détailler rapidement un certain nombre de caractéristiques essentielles en fonction de l’OPC : les instruments financiers utilisés, les secteurs ou catégories privilégiés, les stratégies, un indicateur de référence, les techniques de couverture, d’arbitrage ou de levier, les facultés de rachat, la distribution ou la capitalisation des revenus, durée de vie du fonds, durée de blocage, durée de placement recommandée, la compréhension de la rémunération, …

3 – Le profil risque/rémunération de l’investissement, y compris des orientations et des mises en garde appropriées sur les ris­ques inhérents à l’investissement dans l’OPC concerné

Il est indiqué une échelle de risque de 1 à 7, du risque le plus faible au risque le plus fort, ou du rendement potentiellement plus faible au rendement potentiellement plus élevé.

Il s’agit de connaître le profil de risque ou de rendement de l’OPC, de comprendre les risques pris en compte, et de connaître les risques non pris en compte.

4 – Les coûts et les frais liés

Il s’agit de connaître les frais et commissions, servant à couvrir les coûts d’exploitation de l’OPC, y compris les coûts de distribution. Il est ainsi rappelé que ces frais réduisent la croissance potentielle de votre investissement.

Ces frais sont le plus souvent les suivants : frais d’entrée, frais de sortie, frais courants, commission de performance.

5 – Une présentation de ses performances passées ou, le cas échéant, de scénarios de performances

Un graphique permet de connaître les performances passées, tout en rappelant que les performances ne sont pas constantes dans le temps et ne préjugent pas des performances futures.

6 – Des informations pratiques

Ce dernier paragraphe permet de connaître le dépositaire, c’est-à-dire l’établissement où sont déposés vos investissements dans l’OPC. Il s’agit aussi de recevoir des informations sur la fiscalité ainsi que sur les lieux et modalités d’obtention de certaines informations.

En dernier lieu, il est indiqué l’agrément par l’AMF, la société de gestion et la date de publication du DICI.

Commentaires

La lecture du DICI n’est qu’un point de départ à la fourniture d’un conseil.

Le code ISIN est essentiel afin de rechercher les informations liées à cet OPC, notamment les valeurs liquidatives et les gérants passés et actuels du fonds.

Une analyse de ces valeurs et une lecture approndie des autres documents (prospectus et réglement ou statuts) permet de comparer les différents fonds disponibles. Les recommandations de votre conseiller patrimonial dépendront de cette analyse, du contexte économique et de votre profil de risque.

Bien que les performances passées ne permettent pas de connaître les performances futures, elles sont indispensables pour indiquer un profil de risque ou pour étudier le comportement des gérants et des sociétés de gestion face à un contexte économique commun, encore plus lorsqu’ils ont des objectifs et une politique d’investissement, similaires.

Pour finir, juste un mot sur les frais, lorsque je lis qu’ils « réduisent la croissance potentielle des investissements », je me dis d’un côté que c’est vrai mais d’un autre côté cette formulation négative oublie de préciser qu’il n’y aurait pas de croissance potentielle sans les compétences de la société de gestion et sans le travail de sélection du conseiller en investissement. Il est possible de rémunérer leur travail en dehors du fonds. La performance réelle du fonds serait plus visible mais cela impliquerait que les investisseurs payent directement et séparément les sociétés de gestion et les conseillers. Il serait possible de démontrer les bénéfices sociaux et économiques d’un tel système mais ce n’est pas l’objet de cet article.

 

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